Consultez nos archives

Alors que la plupart de mes amis parisiens participaient le WE dernier aux 1O km de l’Equipe 3ème édition, course ayant lieu à exactement 3mn de chez moi, j’ai fait 15 heures de voiture (aller-retour tout de même) pour participer au Trail de l’Aubrac à Nasbinals !

Pourquoi cela ? Et bien parce que c’est un trail dont Kalenji est partenaire, et qui dit Kalenji dit Kalenji Expérience, et retrouvailles dans notre cas. C’était l’occasion rêvée de revoir une partie du staff Kalenji, et surtout de nous retrouver après nos déchirants adieux à l’aéroport CDG il y a déjà 2 mois ½. C’était aussi l’occasion de rencontrer les participants de la KE1 en Australie, et de prendre le départ du Trail de l’Aubrac sur la distance de son choix. En effet, plusieurs courses se déroulent le même jour : la Capucine, un 11km réservé aux femmes, un 18km (qui en faisait 20 apparemment), un 28 km (qui en faisait 30), un marathon (qui faisait 48 km au final), et un 55 km (qui en faisait 52). Bien entendu, avec dénivelé positif et négatif proportionnels au nombre de km parcourus.

J’étais inscrite sur le 55km (je suis toujours pleine d’énergie au moment de choisir les distances et j’aime bien ce format de course), mais mon état de forme et ma douleur au talon m’ont décidée à revoir mes ambitions à la baisse et à prendre le départ du 28 km.

Vendredi : chaleureuses et joyeuses retrouvailles avec la première partie de la bande !! Gaëtan, Nicolas et moi retrouvons immédiatement notre complicité et notre imagination débordante pour toutes sortes de mises en scène.

01
04

00

Isabelle et Magali arrivent le lendemain, il ne manquera que JC à l’appel, il n’a pas pu se libérer.
Rencontres avec Thierry Breuil et Julien Bartoli sur le stand, découverte de la gamme trail Kalenji.

08
Je découvre une gamme textile super sympa et je craque pour un joli top technique avec une poche pour le téléphone sur la manche, et 2 poches à l’arrière pour les gels ou barres énergétiques. J’achète aussi une paire de gants parce que ça caille à mort !!

10

On récupère nos dossards, les tee-shirts de la course sont des tee-shirts techniques Kalenji avec un modèle homme et un modèle femme, cela est suffisamment rare sur les courses pour le saluer! Les coureurs qui sont sur les longues distances ont même le maillot technique spécial trail en cadeau, c’est top.

Puis nous partons sur une petite sortie conviviale, la Croc Aubrac, un footing de 8km qui permet au groupe de tester les modèles trail homme et femme.
Je fais 1/2 tour au bout de 2km avec Magali. Je me sens un peu barbouillée et faiblarde et je mets ça sur le compte du repas de la veille.
09

Samedi soir, veille de la course, repas au gite où nous logeons tous. Au menu Aligot-saucisse. Suis-je entrain de signer mon arrêt du lendemain? Réveil à 5h45, pour un départ à 8h15. Je déjeune très légèrement car je sens que mon estomac n’est pas très enclin à quoi que ce soit de solide.

03

Allez, direction Nasbinals, échauffement léger et étirements dynamiques, on fait monter un peu le cardio. Je me sens prête à en découdre. Avec Gaëtan on se promet de ne pas partir comme des balles, d’autant plus que ça monte pas mal dès le départ. Bien évidemment, on fait tout le contraire!! J’ai repéré quelques filles à l’avant et je vais essayer de coller au groupe.

Ca part fort, on suit. Je prends mon allure de croisière et me sens en forme. Ca monte sans discontinuer, ce n’est pas ce que je préfère mais je m’adapte. C’est parti pour 28 km et 750 D+! Que neni.
Assez rapidement je commence à avoir la tête qui tourne mais je mets ça sur le compte de l’effort et ralentis le rythme. Le parcours est devenu plus roulant mais je n’arrive pas à relancer! Je me traîne, j’ai envie de vomir. Je me force à boire un peu mais cela ne passe pas du tout. Immédiatement, j’entends un grognement dans mon ventre, on dirait un ours! Misère, misère.
Je me laisse dépasser par des hordes de coureurs et coureuses, je suis obligée de ralentir encore. Et là bien sur je commence à gamberger. Je regarde ma montre: on n’en est même pas à 10km! Ma motivation se réduit à peau de chagrin alors que le petit diable dans ma tête me souffle déjà que je devrais arrêter. Les km défilent tant bien que mal, et même quand j’ai des moments de mieux je ne peux pas courir, je suis bloquée par les coureurs devant moi sur le single. On alterne marche et course, parfois même l’arrêt quand il faut traverser des passages plus techniques. Je n’ai plus aucun plaisir à avancer à la queuleuleu. Le paysage est sublime mais je n’ai pas le coeur à en profiter! Au sommet d’une longue côte, un bénévole tout en jaune Kalenji brave le froid et le brouillard. Je compatis, cela me rappelle mes 7 heures passées à 3600 mètres d’altitude sur un CP au Bhoutan, avec juste un tee-shirt et un coupe-vent :)
Tiens d’ailleurs c’est vrai qu’il fait bien frisquet là-haut! Mes doigts sont violets, et mes gants achetés la veille sont restés au fond de mon sac dans la voiture. Je n’arrive même plus à tourner la valve de ma poche à eau pour boire. C’est la loose totale.

A vrai dire je n’ai même plus de souvenir des derniers km, si ce n’est une montée très raide (une piste de ski) que j’ai bien aimée. Cela me rappelait le Bhoutan et je l’ai gravie sans difficulté particulière, presque avec plaisir! En-haut de la piste j’aperçois un bénévole et lui demande par où c’est la sortie des artistes, car ma décision est prise, j’arrête les frais. Je ne sais pas quelle tête j’avais car il me propose d’appeler les secours! On n’en est pas là tout de même. Le ravito est en-bas, il y a une longue descente que je fais en marchant et en pleurant de rage et de déception.
Un coureur m’encourage : »Allez, ne lâche pas! Accroche-toi! » Il se retourne pour me parler et VLAN! Il s’étale de tout son long. Je suis gênée et navrée d’avoir causé sa chute, assez cocasse ma foi et heureusement sans gravité.

Arrivée au ravito, je rends ma puce tel un aventurier de Pekin Express rendrait sa balise. Je me sens minable et misérable, j’arrache mon dossard. Je me fais pitié, enveloppée dans une vieille couverture de déménageur!! Ce qui devait être une fête se transforme en fiasco.

J’arrive à me glisser dans la voiture d’un groupe de coureurs qui participent au marathon en relais. Leur 3ème coureur vient de partir et ils retournent à Nasbinals. Un dernier coup de grâce pour mon estomac, les lacets de la route associés à une conduite sportive auront raison de moi.

aubrac-zoom-1

Au village, je retrouve Nicolas et Cédric qui ont brillé sur le 18km, Thierry (Breuil) qui a survolé sa course, Julien (Bartoli) qui a gagné haut la main le 28 km (30 au final), pas mal pour une première expérience sur trail! Gaëtan s’est débrouillé comme un chef et termine en 2h53. Isabelle arrive un peu plus tard, elle termine le marathon (48 km au final) en 6h21. Je suis contente pour eux et d’autant plus déçue de ne pas avoir fini. C’est ça aussi le sport, et pour moi une première expérience d’abandon.

2 jours plus tard, j’ai digéré mon abandon mais mon état de forme est toujours moyen, il y a peut-être un truc qui traîne!
Par contre j’ai bien envie de prendre ma revanche et de courir avec ma famille KE2 en pleine forme! RDV est donné pour les 20km de Paris.

Feu de la Saint Jean à Aumont-Aubrac:
02

  • deldycke gaëtan juin 26, 2013 Répondre

    Salut Emma,

    Merci pour le petit clin d’œil. J’ai hâte de réitérer l’expérience, en pleine forme cette fois-ci. A bientôt!

    • emma422 juin 26, 2013 Répondre

      Y’a intérêt! Bravo pour ta course, tu es en pleine progression

  • Greg Runner juin 26, 2013 Répondre

    Je suis triste pour toi. L’abandon à déjà trotté dans la tête de beaucoup de coureurs. Mais le réaliser, cela doit être vraiment un coup dur. Surtout quand on fait des kilomètres pour participer à une fête.
    Prends bien soin de toi et remets toi vite.

    • emma422 juin 26, 2013 Répondre

      Cela fait partie de la vie des coureurs, une expérience de plus à mon actif…un peu traumatisante sur le moment mais on s’en remet!

  • Coucou Emma, désolée pour toi. Mais il valait mieux s’arrêter et se remettre, plutôt que d’insister et avoir des suites et une récupération plus difficile. Tu as fait le bon choix. J’espère donc que tu vas mieux.
    Grosses bises.
    Isa.

  • Jean-Guillaule sept 17, 2013 Répondre

    Tombé sur ce témoignage, je dois dire qu’il m’a touché. Il faut dire que je fais mon premier trail de 24km le week-end prochain. Un petit rappel d’humilité ne fait pas de mal quand on voit votre expérience et ce qui peut quand même arriver. A méditer. Merci pour ça.

    • emma422 sept 17, 2013 Répondre

      Eh oui, le sport n’est pas une science exacte et c’est ce qui en fait aussi la beauté et l’intérêt. C’est une école d’humilité. Les victoires (sur soi-même, sur l’objectif atteint ou dépassé, un podium,..) n’en sont que plus appréciées à leur juste valeur. Rien n’est jamais acquis! Bonne chance pour ton trail dimanche, cela va bien se passer j’en suis certaine! Un max de plaisir avant tout, c’est l’essentiel

  • Nom (Obligatoire)

  • E-mail (Obligatoire, mais ne sera pas rendu visible)

  • Site (Facultatif)

  • Commentaire (Obligatoire)