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Rendez-vous pris : je serai meneuse sur le semi-marathon de Paris 2012.Voilà, je l’ai voulu, je l’ai eu, et maintenant?

J’avoue que j’ai un peu (beaucoup) stressé et gambergé pour ma première expérience de meneuse d’allure. Je me renseigne : si je dois mener sur le semi en 2 heures, ça fait du 5’41 » au kilomètre, jusque là tout va bien. Mais comment faire s’il y a des embouteillages? Et pour les ravitaillements? Je continue à courir en prenant le ravitaillement à la volée? Je fais un stop pour attendre mon groupe?

Pas de panique! Dominique Chauvelier est très décontracté : Tu verras bien si tu as un peu de retard au départ, tu le rattraperas quand vous aurez pris votre rythme de croisière. Et pour le ravito, tu anticipes sur les kilomètres qui précèdent pour laisser le temps à ton groupe de se ravitailler tranquillement

C’est tout? Apparemment oui. Hum, ça a l’air bien simple, je vais m’organiser de manière plus « scientifique ».

Me voilà donc à faire mes calculs dans tous les sens: « Bon, admettons que je perde 15 à 30 secondes au départ si ça bouchonne. Sachant que je dois anticiper 5″ par kilomètre pour que mon groupe puisse bénéficier de 25 secondes de « pause » au premier ravito, ça me fait combien au kilo?? »
Ouhlala! T’inquiète poulette, ça va aller. Je décide finalement de préparer tout simplement mes anti-sèches traditionnels avec le temps voulu au kilomètre et sans les 5 secondes d’anticipation. La course est suffisamment longues pour rattraper un éventuel retard ou peut-être ralentir un peu à la fin si j’ai de l’avance. Je me fais confiance mais j’ai un peu la trouille quand même!

Le grand week-end arrive! Je suis excitée et fébrile à la fois.

Il faut d’abord aller faire le show au village le samedi après-midi. On me dit d’y être pour 15 heures, le reste du groupe arrivant du Mans. Je me rends au village : personne. Un petit quart d’heure plus tard, je suis vite mise dans le bain: je vois débarquer une bande d’énergumènes affublés de leurs flammes, perruques sur la tête et sifflet au bec.
« Euh, bonjour, je suis Emmanuelle, la meneuse en 2 heures… »

Aussitôt dit, aussitôt adoptée. Me voilà entrain de passer de stand en stand au milieu de cette joyeuse troupe. Cela fait partie du « job » : on se balade dans les allées, on répond aux questions des coureurs.
 » Vous serez placés où? », « Vous allez toujours à la même vitesse? », « Est-ce qu’il faut boire aux ravitaillements? »
Certains coureurs veulent être pris en photo à côté de LEUR meneur, premier trophée avant la médaille du lendemain.

Le lendemain, justement, parlons-en! Telle une bonne élève la veille de la rentrée, j’avais tout bien préparé la veille.
Une petite boule au ventre mais très excitée par cette nouvelle expérience, je rejoins le groupe. Tout le monde est en grande forme et j’oublie vite mon petit stress au milieu des blagues qui volent dans tous les sens.

On rejoint le SAS de départ. Bonne nouvelle, cette année le départ sera donné par vagues. 30 000 participants, ça commence à faire beaucoup pour un seul départ!
Au milieu de mon groupe : je fais connaissance avec ceux et celles qui vont courir peut-être leur premier semi-marathon, ceux qui veulent battre leur record et passer sous les 2 heures, ceux qui se sont retrouvés là un peu par hasard, ceux qui me supplient de les attendre même s’il faut ralentir…
Après un échauffement en musique et les premiers départs donnés, c’est enfin à nous!

Le départ est royal, la voie est libre et on peut prendre notre rythme de croisière dès le premier kilomètre.
1er kilo : 5’37 . Trop forte!
2ème kilo : idem
Arrive le premier ravitaillement, je fais comme prévu après avoir prévenu mes coureurs : je marcherai tout le long de l’aire de ravitaillement pour laisser le temps à tout le monde de reprendre des forces sans s’étouffer ni me perdre.

Je retrouve une partie de mes brebis, j’en ai perdu certaines mais ai aussi de nouvelles têtes à côté de moi. Et c’est reparti!

Le papotage va bon train, mais je garde toujours un oeil sur ma montre et mon bracelet anti-sèche. Place de la Bastille, c’est le bazar, ça bouchonne, on se perd, et on perd du temps. Je stresse un peu, surtout que certains coureurs me mettent la pression: « On n’est pas en retard là? », ou bien : « Tu ne vas pas un peu trop vite? »
Pas d’inquiétude tout roule on est dans les clous.

Arrivent les derniers kilomètres. L’ambiance est moins festive. Les visages sont fermés et les sourires crispés quand je prends des nouvelles des uns et des autres. A ce moment-là je prends la mesure de ma fonction: c’est maintenant qu’il faut que je les motive, les encourage et soutienne.
J’ai sur moi une bouteille d’eau que j’ai gardée à la main. Je fais passer au sein du groupe.
Certains coureurs sont « collés à moi » depuis plusieurs kilomètres. C’est le noyau dur. Un monsieur est venu de Barcelone, un autre du Maroc.

Dernier kilomètre, j’envoie ceux qui sont encore en forme: « Allez-y, il ne reste qu’un kilomètre, vous donnez tout ce que vous avez! ».
Le finish est un peu suréaliste et je suis aussi émue à l’arrivée que mes coureurs: 1h59’50″!!!
YES, je l’ai fait! Je suis une meneuse d’allure.

Beaucoup de coureurs, tout aussi émus que moi viennent me remercier de les avoir aidés, certains m’embrassent, l’ambiance est au top!

C’est génial, cette expérience, vivement la prochaine!!

(la troisième mi-temps sera au niveau du reste du week-end, la « récup » ayant consisté à danser comme des dératés durant tout l’aprèm)

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