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Dimanche 7 avril: je cours aujourd’hui mon 7ème marathon. Dernier en date, celui de La Rochelle en novembre 2011 avec un record à 3h12’56 »
Le plan de préparation a été suivi quasiment à la lettre, mis à part le fait que je ne suis passée à 5 séances par semaine que depuis 1 mois (pour ménager mon genou), et que l’avant-dernière semaine a été modifiée par mon séjour en Afrique du Sud pour la Kalenji Expérience.

Je suis confiante, je me sens prête, mais…hier soir, petit coup de stress un peu comme la veille d’un examen: et si je n’avais pas assez révisé? Cela fait un an 1/2 que je n’ai pas couru de marathon, est-ce que je saurai encore faire?

Après une bonne nuit de sommeil même pas entrecoupées de rêves étranges (j’oublie mes chaussures, je cours sans dossard, je me trompe de course, je ne peux pas courir parce que je n’ai pas d’élastique pour attacher mes cheveux,etc…), réveil comme une fleur à 5h30. Je participe à un tournage pour M6 (Emission 66 minutes spéciale « marathon au féminin ») et Patrice, le caméraman (celui qui court à côté des candidats de Pékin express) arrive à 6h30 pour filmer mes derniers préparatifs. Je me prête de bonne grâce à l’exercice, j’essaie de faire illusion mais j’ai du mal à cacher mon « léger » stress, doublé d’un sentiment d’être nulle dans tout ce que je raconte!! Pourvu qu’ils coupent tout au montage!!

Allez, on quitte la maison. Je retrouve Etienne à Bastille, un ami qui court le marathon aussi, et qui visiblement adore répondre aux questions de Patrice. Cela me permet de déconnecter un peu de la caméra et de me concentrer sur ma course.

Sensation étrange, je ne réalise pas que je vais courir un marathon dans moins de 2 heures alors que j'y pense depuis des mois.

Passage à la consigne pour déposer nos sacs, RDV avec les Etoiles du 8ème pour LA photo de groupe, et on se lance dans l’arène.
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L’avenue des Champs Elysées est noire de monde, on avance parfois avec difficulté vers l’arche de départ. La plupart d’entre nous part en SAS préférentiel, juste derrière les élites. Un avantage certain en terme d’accès notamment. Pas besoin d’être dans son SAS 30 minutes avant le départ! Je m’échauffe très rapidement, 2-3 allers-venues dans la rue perpendiculaire, une dernière pause pipi et nous voilà dans le SAS. J’ai hâte de partir pour libérer la pression!! Tout le monde se souhaite bonne chance tels des soldats partant en guerre.

Coup de feu de départ. OUPS, on n’a même pas été prévenus! J’ai peur de chuter (tiens tiens!!) au milieu du cahot et avec Patrice à mes côtés. mais il est très pro, il court à côté de moi sans me gêner et tout se passe bien. Je prends assez rapidement mon allure de croisière.

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Les kilomètres défilent sans souci. Passage à Bastille, mes filles m’attendent rue du Faubourg Saint Antoine pour un premier coup de boost. Elles sont remontées comme des pendules et courent à mes côtés en hurlant comme des folles pendant plusieurs centaines de mètres ce qui amuse les autres coureurs!
Je dois les retrouver au retour Rue de Lyon, pour un autre coup de boost et un ravito « maison » (échanges de gourdes).
Ma course se déroule comme planifiée. C’est génial de retrouver sur le bord de la route tous ces gens qui nous encouragent! Dans le Bois de Vincennes, c’est Christophe et SandRunning que je vois au dernier moment. Parfois on m’encourage par mon prénom mais je ne sais pas si c’est quelqu’un que je connais ou juste si la personne a lu mon prénom sur mon dossard. J’essaie de rester concentrée, et du coup ne suis pas très démonstrative…pas très sympa pour les supporters mais je dois rester dans le tempo. Mais je les entends et cela m’aide beaucoup! Je ralentis un peu dans la côte avant l’avenue Daumesnil, mais rattrape les secondes perdues assez vite. Je suis l’oeil rivé sur ma montre très régulièrement, pour être certaine de ne pas être en-dessous de mon allure. Dès que je relâche l’attention, je passe à 4’37 au lieu de 4’30, non mais!! Comme j’aime les risques, j’utilise aujourd’hui pour la première fois (enfin, je l’ai testée hier quand même!) la nouvelle Polar RC3 que je trouve top. Très fiable pour l’allure instantanée, facile d’utilisation, ADOPTÉE!

Kilomètre 22: tout le monde est là, mes enfants, Patrice le caméraman, mes gourdes!Hop! On fait l’échange de gourdes, une fois encore les enfants courent à côté de moi, complètement déchaînés, et Patrice filme la scène.

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Bref, je ne passe pas inaperçue. Je temporise en restant dans ma course et en vérifiant mon chrono malgré toute l’agitation ambiante, parce que 15 secondes de perdues maintenant, c’est autant à rattraper plus tard…Désolée les enfants! Vous êtes top et je vous adore, mais je dois continuer ma route…
Patrice me suit et me questionne: « ça va? » « Tu souffres? » (non-non, pas encore) « Tu es confiante? » (oui-oui)
« Quel est ton pronostic? » (euh…3h10?)

C’est reparti pour quelques kilomètres « seule » au milieu de toute cette foule.
Kilomètre 25, j’aperçois ma copine Marie sur le bord de la route. « Coucou! » Clic-clac Kodak.

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Aïe! Quoi? J’ai mal au genou… Mon sacré genou qui m’a tant embêtée en 2012, qui m’a contrainte à 2 mois d’arrêt en pleine prépa du marathon de Berlin et que j’avais réussi à contenir pendant toute la prépa, a la bonne idée de se rappeler à mon bon souvenir maintenant. A certains moments, le genou se dérobe sous moi et je fléchis…manquait plus que ça.
Bon, ça va peut-être passer…

Kilomètre 30, j’aperçois Patrice au ravito, fidèle au poste. « Et là, tu souffres? » (Comment te dire? Oui, j’ai mal au genou, sinon RAS). « Pourquoi tu cours? » (je ne sais même plus ce que j’ai répondu).
« Est-ce que ton mental a déjà pris le relais sur le physique? » (non-non)

On aborde les kilomètres difficiles, les vrais kilomètres du marathon, du 30ème au 42ème, ceux qui font mal, ceux qui mettent à rude épreuve le corps et l’esprit. J’essaie de ne pas penser au « mur » et trace ma route.
Mon genou me fait de plus en plus mal et je dois sans doute compenser car une pointe au mollet vient en rajouter une couche.

Je prends un gel, mieux vaut prévenir que guérir la défaillance, les kilomètres défilent sans souci majeur si ce n’est mon genou.
Kilomètre 32,5: Brinouille en grande forme et Valérie dansent aux sons des percussions! Encouragements digne de pom-pom girls bien déchaînées aussi! Top, ça donne la pêche!

Kilomètre 36, dernier RDV avec mes enfants et mon fidèle Patrice!!
Oui, je souffre, oui j’ai mal au genou, oui j’y crois, oui j’aime dépasser mes limites!
Mes filles sont toujours aussi déchaînées. Un coureur à côté de moi les enguirlande: « Bon, ça suffit maintenant! » . Eh, ce sont mes enfants qui m’encouragent!! Visiblement il était dans le dur et il ne fallait pas l’emm….

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Bois de Boulogne, c’est dur. En checkant mon chrono je me prends un poteau de plein fouet et manque de tomber. Il ne manquerait plus que ça. D’un coup de maître je redresse la situation mais j’ai frôlé la cata…

poto
(Photo du coupable au km38…)

Pas de mur, les jambes sont là, je suis bien. Je relance et aperçois au loin Greg (tout jeune papa!!), et Jean-Pierre avec Anne Valéro sur le bas-côté. Flûte… je suis déçue pour JP qui visait moins de 3 heures. J’espère que ça va. Greg m’encourage, court à côté de moi, me donne de l’eau, c’est top!! ça me booste pour le finish!!! Il ne reste que 2 kilomètres.
Je vérifie mon chrono, j’ai du retard, il faut que je m’arrache. C’est à ce moment-là que mon mental a pris les choses en main! Mon genou n’avait plus son mot à dire, il fallait y aller. Tout se déroule très vite, dernier virage et j’aperçois la ligne d’arrivée. Je tente un sprint final digne d’un cross pour arracher un chrono sous les 3h11.

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(Crédit photo Maya)

Incroyable! Je me retrouve sur la ligne d’arrivée à un mètre de Réjane, ma co-équipière d’entraînement qui court avec son compagnon Vincent. On est parties ensemble et arrivées ensemble, sans jamais courir ensemble sur la course!

Chrono: 3h11’03. Un peu déçue, mais heureuse tout de même! Heureuse parce même si mon objectif de 3h10 n’est pas atteint, il n’est qu’à une poignée de secondes, heureuse parce que j’ai battu mon record de 1mn53 tout de même en revenant de loin.

Mon cher Patrice est là pour m’accueillir! Il a filmé le finish, j’ai hâte de voir ça! Je réponds à ses questions, Cécile est là, j’aperçois Vincianne, Olivier, le chef de produit Kalenji m’attend également. Il a un grand sourire, son poulain Benjamin Malati termine premier français en 2h12 (une heure de moins que moi!!)

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Tout s’est déroulé si vite que j’ai l’impression d’avoir rêvé ce marathon. Je le sens un peu dans les jambes mais sans plus, beaucoup dans le genou par contre. Retrouvailles avec la bandes des Etoiles, certains arborent un large sourire, d’autre font bonne figure, c’est la loi du sport, performances et contre-performances, joies et déceptions.

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Nous terminons cette belle journée autour d’un brunch digne d’un ….marathon gastronomique, à refaire la course du matin avec la langue et l’estomac!

Merci à Olivier et aux Etoiles du 8ème grâce à qui j’ai pu monter en puissance ces dernières semaines, merci pour tous les encouragements reçus tout au long du parcours!

Mission accomplie, mais il me reste une petite pression quant au rendu du reportage, j’espère que j’étais à la hauteur….verdict dans quelques jours, vous me raconterez parce que je ne veux surtout pas me voir!

Classement marathon: 66ème femme et 19ème V1F

arrivée

  • Qu’est-ce que ça m’a plu de te lire! Je me délecte toujours autant! Bravo encore et encore!!

  • Framboise avr 7, 2013 Répondre

    bravo Emmanuelle… tu es un modèle… prends soin de toi maintenant… quand sera diffusé le reportage ? Fais moi signe… bisouuuuu

    • emma422 avr 7, 2013 Répondre

      Merci Framboise!! C’est dimanche prochain, l’émission 66 minutes sur M6
      A bientôt au Crossfit, ça fait 15 jours que je ne suis pas venue!!

  • Maria avr 8, 2013 Répondre

    Felicitation a vous j’aurai du vous lire avant pour me donner du cours rage, je regarderai le reportage sur M6
    Au plaisir de lire vos exploits, parcours et coneils

  • […]    http://www.emmanuelleblanck.fr/marathon-de-paris-2013-record-personnel/ […]

  • Carole avr 8, 2013 Répondre

    Tu es juste … impressionnante ! Un vrai modèle féminin.
    :)

    Bravo !

  • sabatier avr 8, 2013 Répondre

    Ton récit est op Emma ! suis très contente pour toi, c’est génial, belle confiance et beau challenge, c’est super d’être dans le bon mouv et c’est ce qui t’attend ! Bises et BRAVO encore !!!

  • Man avr 8, 2013 Répondre

    J’étais derrière vous, je ne sais plus très bien à quel kilomètre, 22 ou 23ème peut-être, quand une troupe de groupies avec un cameraman vous a littéralement sautée dessus… j’avoue que ça m’a fait bien rire… de dos j’ai cru que vous étiez Estelle Denis une présentatrice télé si mes souvenirs sont bons… et je découvre votre site via la RUNNOSPHERE, j’avais raison, z’êtes une STAR ! et bravo pour la perf’.

    • emma422 avr 8, 2013 Répondre

      Oui, c’était au km22, rue de Lyon, ils étaient très en forme!! ça a mis l’ambiance dans le peloton!!

  • lacambra avr 14, 2013 Répondre

    Salut
    bravo championne et respect
    super crendu
    moi je l’ai fait aussi cette année en 3h25’07″ » pour mon 5eme marathon pour
    mes 3 ans de cap!!!
    Le plus frustrant pour 22″ je bas pas mon record!!!
    Pour le prochain je vais tenter 3h15’avec 4 sortie /semaine au lieu de 3 qui fait faux bond!!!
    Bon run
    sportivement

    • emma422 avr 14, 2013 Répondre

      Merci Yannick! Le travail et la régularité portent toujours leurs fruits, tant que c’est fait avec envie! Fais-toi plaisir avant tout et les chronos suivront tout naturellement.

  • Frédéric avr 15, 2013 Répondre

    Un immense bravo Emmanuelle !

  • Bonaventure avr 15, 2013 Répondre

    Bravo Emmanuelle,
    Je t’ai vu avant de te lire… Tes enfants m’ont mis la larme à l’œil, quel entrain pour t’encourager, quelle force ils ont dû te donner….. Bravo à toi!!! Bonne récup.

    Laure,

    • emma422 avr 15, 2013 Répondre

      En effet! Ils m’ont bien motivée, et c’était avant tout un bonheur immense de pouvoir partager ces moments avec eux. Mon marathon n’aurait pas eu la même saveur s’ils n’avaient pas été là, et la performance devient toute relative au regard de cette belle émotion partagée. Et au final, c’est cela qui restera, pas les 3h11!

  • Sandrunning avr 15, 2013 Répondre

    Te lire, te voir courir, lire tes aventures toutes aussi extraordinaires les unes que les autres (Marathon des sables, la France en courant…), ça donne plein d’envies :-)
    Je me concentre sur mon travail de vitesse, mais quand je te lis et bien c’est inévitable, j’ai envie de courir un marathon !
    Bravo pour cette excellente performance, c’est très fort !
    J’ai hâte de pouvoir recourir avec toi :-) A bientôt !

    • emma422 avr 15, 2013 Répondre

      C’est la magie de la course à pied, c’est un sport à multiples facettes! Un jour on fait de la piste, du 3000m, un autre on court un 10 km, un marathon, un trail, un ultra, une course à étapes, par équipe et j’en passe…L’essentiel étant toujours de se faire plaisir et de profiter de toutes les belles rencontres faites en chemin. A très vite sur une course ou pour un footing à la cool.

  • Véronique avr 16, 2013 Répondre

    Bravo à vous , j ai regardé le reportage dimanche , je vivais la course comme si j y étais , mon rêve , un marathon …je cours depuis 3 ans et je ne pense pas que je serais capable de courir si longtemps….ça reste un rêve …je vous envie ,je suis admirative …!!!

    • emma422 avr 16, 2013 Répondre

      Merci Véronique! Le marathon est un rêve accessible, il est vrai que cela demande de la préparation, mais nous avons tous été débutants un jour. Vous y arriverez, c’est sur et certain. Bonne continuation et surtout, faites-vous plaisir!

  • […] marathon) ont eu raison de cette satanée douleur au genou. J’ai appris à mes dépends au marathon de Paris 2013 qu’il faut aussi se méfier de l’eau qui dort. J’étais tellement confiante et […]

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